Du bambou naturel à la courbe parfaite : autopsie de nos skis et de leurs composants. Nos partis pris de fabrication expliqués en direct de Villard-de-Lans.
Un ski est un sandwich : un noyau au centre, des fibres de renfort dessus et dessous, une semelle et des carres pour glisser et accrocher, un dessus pour protéger.
C’est l’assemblage de ces couches, et leur dosage, qui fait le caractère du ski.
Derrière cette apparente simplicité, chaque paire assemble une trentaine de composants différents, sans compter les étapes de fabrication.


Pour le haut de gamme, on utilise d’habitude du frêne ; le peuplier équipe plutôt l’entrée de gamme. Nous avons choisi le bambou : des caractéristiques mécaniques identiques à celles du frêne, et une bien meilleure absorption des chocs. Il filtre les vibrations : sur neige dure, tôlée ou transformée, le ski reste calme, et cela réduit la fatigue.

Un chant en plastique, pourquoi faire ? L’ABS est moins raide que le bambou. Nous prolongeons le bambou jusqu’à la carre : sa rigidité naturelle apporte plus de tenue, plus de résistance aux chocs, et du plastique en moins.

Sur chaque face du noyau, une UD de 640 g/m² pour la flexion et une triaxiale de 625 g/m² pour la torsion. Près de 2 600 g/m² par ski : un grammage important, sans être une structure ultra-rigide. En savoir plus

Le plus souvent, un ski se contente d’un embout en plastique, au mieux, d’un aluminium 2017. Le nôtre est en 7075, l’alliage de l’aéronautique, près de deux fois plus résistant à la déformation. Une telle protection demande un ancrage à sa hauteur : sablé, collé sur un caoutchouc de 0,2 mm imprégné d’époxy, il est intégré sur 40 mm dans la structure, sur 2 mm d’épaisseur. La Rolls de la protection.
Sur toute la gamme, sauf le ski à double spatule.

Ce n’est pas le noyau qui fatigue, c’est le collage entre le noyau et les fibres, usé par les cisaillements. Nous le blindons : deux voiles de verre plutôt que de polyester, pour une meilleure tenue et un meilleur vieillissement, une interface de collage, une réserve de colle. 12 ans de recul : la structure reste intègre. Résultat : un maintien des performances prolongé, là où un ski classique perd peu à peu son nerf.

Polyéthylène à très haut poids moléculaire, fritté par CPS en Allemagne : une semelle rapide, qui absorbe bien le fart et se répare facilement. 1,5 mm d’épaisseur à la pose, 1,2 mm après finition : de la marge pour de nombreux affûtages. Avec les carres Waelzholz, ce sont les seuls composants que nous ne fabriquons pas.

Acier autrichien Waelzholz, leader mondial de la carre de ski : un cordon de 2 × 2,2 mm, ancré par une languette estampée en T, noyé dans l’époxy, surmonté d’un caoutchouc puis du bambou, qui absorbe les chocs. En savoir plus

Comme chez les grands fabricants, le décor est sublimé sous un polyamide transparent et structuré de 0,5 mm : les rayures ne touchent jamais l’image. Puis, ce que peu font, le blanc est révélé par une laque époxy. Special projects
Un noyau seul plie trop facilement. C’est la fibre (de verre ou de carbone, ou une feuille d’aluminium comme le Titanal®) qui donne au ski l’essentiel de sa rigidité. Collées dessus et dessous, les fibres travaillent comme les deux semelles d’une poutre en I : quand le ski plie, la fibre du dessous s’étire, celle du dessus se comprime. Le noyau sert d’entretoise : il les tient écartées, et plus elles sont éloignées, plus le ski est rigide.
Une fibre ne travaille que dans le sens de ses fils. Nous combinons donc deux tissus, chacun avec son rôle.
Ligne 78 / 90Terrain 90 / 102Vecteur 83FS / 114FR
Chaque face du noyau reçoit une UD de 640 g/m² et une triaxiale de 625 g/m². Un grammage important, mais pas une structure ultra-rigide : nous gardons la possibilité de jouer sur la raideur et d’apporter de la souplesse et de la déformation aux extrémités, avec assez de matière pour que le ski ne s’écrase pas sous une skieuse ou un skieur engagé.
L’UD est toujours la couche la plus éloignée du noyau, dessus comme dessous : c’est là qu’elle travaille le plus.

Toutes les fibres vont dans le sens du ski. Elle règle la flexion : plus il y en a, plus le ski est raide.

Des fibres croisées à +45° et -45°, plus une nappe dans l’axe. Elle tient le ski en torsion : la spatule et le talon ne vrillent pas, la carre reste plantée, même sur la glace.


Quand un ski perd son nerf, on accuse souvent le noyau. À tort : ce qui s’abîme, c’est l’interface de collage entre le noyau et les fibres. À chaque flexion, ils glissent très légèrement l’un contre l’autre. Ce cisaillement, répété des milliers de fois, use le collage : la fibre ne travaille plus avec le noyau, le ski devient mou. Chez nous, c’est précisément cette interface que nous blindons.
Aucune économie sur les collages : l’interface garde de la résine en réserve, là où d’autres comptent les grammes.
Un ski Sillage vit, prend des coups, s’abîme en surface. Mais grâce aux voiles de verre, sa structure et sa cohésion restent intègres : les performances tiennent dans le temps, le moteur est intact. Et quand la surface a vécu, notre noyau bambou, qui va jusqu’au bord, permet de la remettre à neuf, c’est ce que l’on propose avec notre programme :
Le moteur étant préservé, ReNouveau prend tout son sens : il prolonge, dans le même temps, la vie de la cosmétique.
Nous utilisons les trois, chacun là où il est le meilleur.

Terrain 90 / 102Vecteur 83FS / 114FRLigne 78 / 90
Vivant, confortable, tolérant, avec beaucoup de relance. Le meilleur compromis pour skier partout.

Plus lourd, il amortit et stabilise : imperturbable à haute vitesse, pour une skieuse ou un skieur engagé.

Raide et léger, en version haute résistance : on monte sans effort, et le ski dure.
Sur neige dure, c’est elle qui mord et trace la courbe. Sur nos skis, elle fait tout le tour, spatule comprise : elle protège aussi des chocs de face.
Une carre n’est solide que si elle est bien ancrée dans le ski. Aucune économie sur les collages.

Nos carres viennent de Waelzholz, à Götzis en Autriche, leader mondial de la carre de ski : profil 129, acier au carbone C60/C67.

Un cordon de 2 mm d’épaisseur et 2,2 mm de large, très épais. Plus de matière, c’est plus d’affûtages possibles au fil des saisons, et une carre qui encaisse les cailloux sans se tordre.

Derrière le cordon, une languette de 0,6 mm découpée en T tous les 13 mm : c’est ce que l’on appelle l’estampage. La résine époxy remplit ces découpes : la carre n’est pas seulement collée, elle est ancrée mécaniquement dans le ski.

Une carre épaisse supporte de nombreuses remises en état : votre ski repasse à l’atelier et repart affûté. Notre réglage d’usine : 1° côté semelle, carre affûtée à 88°.
La plupart des skis posent un chant en ABS au-dessus de la carre. L’ABS est moins raide que le bambou, et il transmet les chocs à la carre au lieu de les absorber. Chez nous, le bambou du noyau descend jusqu’à la carre.
Plus rigide que l’ABS, le bambou tient la carre en prise.
Là où l’ABS se déforme, le bambou absorbe les chocs avant qu’ils n’arrachent la carre.
Pas d’ABS en plus : une construction plus sobre, et du CO2 économisé.

Une pierre cachée, un choc en hors-piste ou même sur piste : l’arrachement de carre arrive régulièrement. Aucun fabricant ne peut promettre un ski inarrachable, nous non plus.
Ce que nous promettons : une carre large, noyée dans l’époxy, amortie par le caoutchouc et protégée par le bambou. Un ski conçu pour être costaud.
Sur cette base commune, chaque famille reçoit ce qui la rend unique.

Deux couches d’alliage d’aluminium qui amortissent et stabilisent : imperturbable à haute vitesse, accrocheur sur neige dure.

100 % carbone haute résistance, validé dans le temps. Quelques dizaines de grammes de plus que les plus légers, mais un ski qui ne casse pas comme ça.

Le paulownia, un bois très léger, associé au bambou pour gagner encore du poids à la montée.

Un cambre classique qui met toute la carre en prise sur le damé, avec une construction plus accessible que le Ligne 67.

Spatule et talon relevés : le ski pivote facilement, flotte en poudreuse et pardonne dans le terrain varié.

Né du ski de Marie Martinod, vice-championne olympique de half-pipe : on skie et on se réceptionne dans les deux sens.
Le flex, c’est la façon dont le ski plie sous votre poids. Mais ce qui compte vraiment, c’est sa répartition entre spatule, patin et talon. Nous la réglons structure par structure.
Tourne facilement, à vitesse modérée
Pardonne les fautes
Passe mieux en poudreuse et en bosses
Stable et précis à haute vitesse
Accroche sur neige dure
Demande plus d’engagement


La raideur d’un ski se règle surtout par son épaisseur : plus le noyau est épais à un endroit, plus le ski y est raide.
La « courbe d’épaisseur », du talon à la spatule, dessine donc son comportement. Plate, la raideur est répartie sur toute la longueur. Bombée, le patin est bien plus raide que les extrémités.
Terrain 90 / 102Vecteur 83FS / 114FRLigne 78 / 90

La fixation et la chaussure forment un bloc très présent sous le pied : elles raidissent déjà fortement la zone du patin. Inutile d’en rajouter.

Nous avons choisi une courbe d’épaisseur assez plate. La spatule et le talon se déforment bien : le ski se déroule tout au long du virage, sans à-coup.

Ajoutez le bambou, qui absorbe les chocs : nous pouvons rester sur des structures pas trop raides, très confortables et très agréables à skier, sans perdre la tenue.
Ligne 67
Extrémités plus souples, patin nettement plus épais : un ski fait pour aller chercher de l’angle de prise de carre, de l’appui et de la puissance.

il flotte et vibre quand la vitesse monte
il s’écrase et décroche sur neige dure
vous passez « par-dessus » en sortie de virage
il refuse de tourner court à vitesse modérée
il rebondit dans les bosses et fatigue vite
il ne plie que lorsque vous attaquez fort
Votre gabarit compte autant que votre niveau : une skieuse ou un skieur plus lourd fait plier le ski davantage. Dites-nous votre taille, votre poids et votre façon de skier : nous vous orienterons vers le bon modèle et la bonne longueur.

La largeur à la spatule, au patin et au talon dessine le rayon : plus la spatule est large par rapport au patin, plus le ski tourne court. Le profil, cambré ou rocker, décide de la façon dont la carre prend la neige.

Chaque modèle naît d’un gabarit. Notre Terrain 90 (145 / 90 / 135 mm) pousse l’idée loin : un rayon de 7,5 m pour 90 mm au patin.

Cambré, le ski met toute sa carre en prise sur le damé. Avec un rocker, spatule et talon relevés, il pivote et flotte.
Le principal ennemi d’un ski, c’est l’autre ski de la paire, et parfois même ceux des autres skieuses et skieurs : à chaque croisement ou contact, la carre vient frapper l’arête supérieure.
Une paire de skis représente un véritable investissement, nous le savons bien. C’est pour cela que nous concevons nos modèles pour durer et pour être réparés : avec (Re)Nouveau, nous reprenons le chant avec un angle optimisé et remettons le dessus à neuf afin de prolonger leur vie le plus longtemps possible.
250 € en dépôt à l’atelier · 320 € avec l’envoi · prêt en 1 à 2 semaines



Chaque paire est fabriquée à la commande, en trois semaines, et contrôlée à la main avant de partir.
Réglage, réparation et (Re)Nouveau, notre remise à neuf : vos skis reviennent à l’atelier qui les a construits.